logiciels de traçabilité

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lundi, mars 26 2012

Marquage laser des intruments : société Lasea

Lasea présente sa nouvelle station de marquage laser des instruments chirurgicaux à travers l'expérience de l'hôpital GZA de Anvers.

vendredi, novembre 5 2010

Traçabilité des instruments de chirurgie re-stérilisables : apport de la technologie RFID

Communication de l' ASEPTIC SURGERY FORUM 26 & 27 mars 2010, Cité des Sciences, Paris, France Congrès-exposition international pour la prévention Le diagnostic et le traitement des infections post-chirurgicales

Traçabilité des instruments de chirurgie re-stérilisables : apport de la technologie RFID par Damien Talon, pharmacien à l’Hôpital Bichat Claude Bernard de Paris

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Traditionnellement la stérilisation des instruments chirurgicaux est pratiquée sur le lieu d’utilisation. Aujourd’hui, certains établissements hospitaliers choisissent d’externaliser ce process en faisant appel à des prestataires industriels distants. Lors de la première édition, du congrès Aseptic Surgery Forum (26 & 27 mars 2010, Cité des Sciences, Paris, France) les utilisateurs et les prestataires de services ont fait le point de leurs expériences sur plusieurs années. Au cours de son intervention Damien Talon, Pharmacien, Hôpital Bichat - Claude Bernard de Paris (France) a présenté une étude sur l’implémentation de la technologie RFID au sein de Unité Fonctionnelle de Stérilisation Centrale de cet établissement, pour assurer la traçabilité des instruments de chirurgie re-stérilisables.

Résumé

La stérilisation des instruments chirurgicaux est un processus de production complexe qui doit être parfaitement maîtrisé. L’identification des risques en stérilisation passe par la compréhension du cycle de production et du cycle de vie des produits. La traçabilité informatisée à l’instrument est un moyen de maîtrise des risques et de sécurisation des processus en stérilisation et aux blocs opératoires. La traçabilité informatisée des instruments n’est pas actuellement réalisée en routine, plusieurs essais hospitaliers sont en cours pour valider la meilleure façon d’identifier les instruments de chirurgie par des technologies émergentes (code data matrix et puces RFID). L’objectif de ce travail est de présenter le retour d’expérience de la stérilisation de notre établissement sur la traçabilité à l’instrument chirurgical, effectuée depuis ces dernières années, avec la technologie RFID.

Introduction

L’Unité Fonctionnelle de Stérilisation Centrale (UFSC) d’un établissement de santé prend en charge les instruments utilisés lors d’une intervention chirurgicale et réalise les opérations de nettoyage, de conditionnement et de stérilisation des Dispositifs Médicaux (DM) réutilisables pour produire des DM stériles (DMS). Ces opérations sont tracées par un logiciel renseignant « qui fait, quoi, où, quand et comment ». Actuellement, l’unité d’œuvre tracée correspond au contenant (sachets, paniers emballés ou conteneurs) disposant d’un code à barres, mais pas au contenu, c’est-à-dire à l’instrument individuel. La mise en place d’un Système de Traçabilité Informatique (STI) à l’instrument permettrait de retrouver quels sont les DMS utilisés pour un patient donné, de pouvoir suivre ou retrouver un DMS particulier, d’aider les opérateurs à l’étape de conditionnement et de résoudre certaines non conformités. A l’UFSC de notre établissement, nous déployons, depuis ces 3 dernières années, un système de traçabilité informatisé à l’aide de puces RFID soudées sur les instruments. Les objectifs de cette étude sont de montrer l’apport d’un STI à l’instrument à l’aide de la technologie RFID et de présenter le retour d’expérience de l’utilisation de cette technologie aux étapes de conditionnement et de lavage de l’UFSC.

Matériels et méthode

Les instruments chirurgicaux sont des Dispositifs Médicaux Re-Stérilisables (DMRS). Ils sont utilisés aux blocs opératoires soit sous forme de sachets individuels, soit sous forme de compositions de plusieurs instruments pour réaliser une intervention chirurgicale. Ils sont prédésinfectés au niveau des blocs opératoires puis acheminés à l’UFSC ou ils seront traités ou préparés dans le respect de la réglementation Arrêté, 22 juin 2001. C’est-à-dire qu’ils sont réceptionnés, nettoyés, conditionnés, stérilisés, libérés, puis livrés aux blocs opératoires. Les DMRS sont alors stockés dans l’arsenal stérile en prévision d’une prochaine intervention chirurgicale. Actuellement, la traçabilité effectuée à l’UFSC correspond au suivi des différentes étapes du processus de production par le logiciel Optim® version 3.8.8. Il est ainsi possible de suivre pour chaque composition de DM quel opérateur effectue quelle étape, à quel moment. Depuis 2009, le logiciel de traçabilité à l’instrument SEDISTE® (société SEDIA) a été installé sur un serveur Oracle avec 4 postes clients PC dédiés disposant de lecteurs de puces RFID (Radio Frequency IDentification) de la société MBBS CH. Ce logiciel a été installé en mai 2009 à l’étape de conditionnement et en novembre 2009 à l’étape de réception – lavage de l’UFSC. Ce logiciel est utilisé aux étapes de conditionnement et de lavage par le pharmacien, l’interne en pharmacie et le préparateur de l’UFSC. Une formation est en cours pour son utilisation par les agents de stérilisation. Actuellement, les logiciels OPTIM® et SEDISTE® ne sont pas inter-opérables.

Principe de la traçabilité des instruments disposant de puces RFID

La RFID est une technologie d’identification qui se compose d’un lecteur (ou module de lecture / écriture) et d’une étiquette électronique (ou étiquette intelligente, tag, puce, transpondeur). Le lecteur transmet un signal radio à la puce qui « s’éveille » et peut ainsi recevoir et/ou transmettre des informations. Le transpondeur RFID utilisé dans cette étude se compose d’une e-unit c’est à dire d’une puce électronique (chip) et d’une antenne (bobine de fil de cuivre). L’encapsulation de cette e-unit dans une résine de synthèse permet de créer un petit cylindre de 5,6 mm de diamètre appelé « tag résine ». Pour pouvoir être fixés sur les instruments, les tag résine sont encapsulés, hermétiquement par soudure laser, dans une boîtier en inox cylindrique 304L ayant un diamètre de 7,4 mm et une épaisseur de 2,6 mm Besnard 2004. Le boîtier inox contenant le tag résine est appelé puce RFID. La capacité de mémoire de la puce est de 128 bits, soit au moins 256 caractères alphanumériques. Les données sont échangées entre la puce RFID et son lecteur dans les basses fréquences (125 kHz) Anonyme 2007. La puce RFID a été soudée sur chaque instrument par fraisage des instruments pour créer une encoche (ou logement) puis soudure laser de ces puces RFID sur les instruments par la société IS Médical. Le système de traçabilité à l’instrument se compose des instruments « pucés », d’un ordinateur, de lecteurs spécifiquement dédiés à la reconnaissance des puces RFID et du logiciel de traçabilité à l’instruments Sedisté®. Pour lire (ou écrire) des informations dans la puce RFID, le lecteur doit être au contact du boîtier inox de la puce RFID.

Retour d’expérience de la traçabilité des instruments par puces RFID

Depuis mai 2009, les instruments chirurgicaux de 9 boîtes de Circulation Extra-Corporelle (CEC) du bloc de cardiologie, sur un total de 16 ont été envoyés pour être pucés, soit 1035 instruments. L’envoi des instruments a été progressive, à raison d’environ une boîte par mois. Le paramétrage du logiciel Sédisté est réalisé par le pharmacien, l’interne ou le préparateur en pharmacie et la recomposition est effectuée par toute personne formée à l’utilisation du logiciel de traçabilité (préparateur, agent de stérilisation, externe en pharmacie). Lors du paramétrage, chaque instrument pucé est associé à une boîte d’appartenance, et dispose d’un libellé et d’une photo. Certains instruments ne peuvent pas être pucés, telles que les alènes de Redon et les cupules en plastiques ou en aluminium : dans ce cas, il est possible d’associer un numéro unique à chaque type d’instrument non pucé. Ce système de recomposition a été installé à l’étape de conditionnement (depuis mai 2009) et à l’étape de réception/lavage (depuis décembre 2009).
- A l’étape de conditionnement : L’opérateur scanne la puce du panier ce qui ouvre un menu de recomposition pour une boîte de CEC donnée. La « lecture » de la puce de chaque instrument permet de les identifier par leur photo et libellé. Chaque instrument passe alors d’une fenêtre « instruments à valider » à une fenêtre « instruments validés ». Si un instrument n’appartient pas à la boîte, le logiciel émet un message d’alerte (sonore et affiché) et indique à quelle boîte il appartient. Un message d’alerte apparaît également si un instrument a déjà été « lu ».
· A l’étape de lavage, la même méthode est employée pour vérifier le contenu de chaque boîte utilisée arrivant du bloc cardiologie.


Pour chacune de ces étapes, il est possible d’imprimer un rapport de recomposition récapitulant le contenu de la boîte et précisant les instruments manquants. La comparaison des rapports de recomposition au lavage et au conditionnement permet de définir la source des non conformités. Deux types de comparaisons sont possibles :
- Entre le lavage et le conditionnement : une différence de contenu d’une boîte peut être a priori imputable à la stérilisation.
- Entre le conditionnement précédent et le lavage : une différence peut a priori être imputable au bloc.


Cette évaluation s’est déroulée sur 8 mois pour la traçabilité de l’étape de conditionnement et sur un mois pour le suivi du lavage associé à celui du conditionnement.

Résultats :

Il est présenté dans cette étude, le retour d’expérience sur la traçabilité à l’instrument par la technologie RFID depuis ces 8 derniers mois à l’étape de conditionnement et depuis un mois aux étapes de lavage et conditionnement.

A l’étape de conditionnement :
Dans la première partie de ce travail, de juin à novembre 2009, le logiciel de traçabilité était installé uniquement à l’étape de conditionnement. L’évaluation porte donc sur l’apport de la technologie RFID et les difficultés rencontrées au cours de cette étape.
Sur les 9 boîtes de CEC, une n’est pas utilisée, car ses instruments servent de réserve. De juin à novembre 2009, pour les 8 autres boîtes, elles ont été reconditionnées 115 fois à l’aide du logiciel Sédisté®. Le temps moyen de conditionnement de ces boîtes est de 20 minutes. Dans 70% des cas (80/115), il y avait au moins une non-conformité détectée au conditionnement, pour un total de 104 non conformités. La répartition de ces non conformités est présentée dans la figure 1.
La majorité des non-conformités rencontrées (67%) correspondent à des DM manquants, soit 139 instruments dont 26% de pinces à clamper, 24% de cupules inox, 15% de ciseaux, 14% de clamps, 7% d’écarteurs, 7% d’alènes de Redon et 7% divers. Ces DM ont été remplacés par des DM pucés de la réserve (50% des cas) ou non pucés (38%) dans l’attente de disposer d’instruments équivalents pucés. Dans le cas ou le DM ne peut être remplacé, la boîte est mise en attente ou non selon avis du bloc.
Pour les instruments non fonctionnels (12%), ils ont tous été remplacés par des instruments pucés. Les mélanges d’instruments correspondent à 10% des cas. Ils sont soit liés à des remplacements d’instruments au conditionnement précédent, soit à la présence d’instruments surnuméraires dans la boîte de CEC. Dans 9% des cas, une erreur de paramétrage ou une panne de réseau a été la cause de la non-conformité. Dans 1% des cas, la non-conformité était liée à une puce illisible. L’instrument a été considéré comme non fonctionnel et remplacé.

Les non-conformités ont été résolues le jour même à l’étape de conditionnement dans 95% (109/115) des cas. Pour les autres, le délai de mise en attente a été de 4 à 7 jours avant de retrouver les instruments pucés dans d’autres compositions.

Aux étapes de nettoyage et de conditionnement

La deuxième partie de l’étude a permis d’évaluer 22 passages des boîtes pucées à la stérilisation, qui ont été tracés à la fois aux étapes de lavage et de conditionnement.
- Comparaison entre le lavage et le conditionnement. Sur les 22 boîtes tracées au conditionnement, 4 boîtes n’ont pas été tracées au lavage, 8 boîtes présentaient le même nombre d’instruments entre le lavage et le conditionnement et pour 10 boîtes il y avait une différence. Cette différence portait sur 13 instruments : 10 instruments absents au lavage ont été retrouvés au conditionnement. Il semble que ces instruments soient arrivés par un circuit différent du reste des instruments de la boîte de CEC : soit lavés en décalé (cupules inox), soit présents dans un autre panier d’instrument, soit non scannés au lavage. Deux instruments n’ont pas été retrouvés et une puce était illisible.
- Comparaison entre le conditionnement précédent et le lavage : Sur les 22 boîtes, 12 boîtes disposaient de tous leurs instruments au niveau du lavage par rapport au conditionnement précédent et pour les 10 autres boîtes il manquait au moins un instrument, pour un total de 11 instruments ; parmi eux 8 n’ont pas été retrouvés.

Discussion

Nous avons choisi la technologie RFID comme support de traçabilité des instruments de chirurgie car elle apporte plusieurs avantages :

- une robustesse du support de traçabilité à l’environnement : absence d’altération chimique, thermique et mécanique lié aux contraintes du cycle de vie des instruments. Ce qui n’est pas toujours le cas des autres supports de traçabilité, comme les codes data matrix gravés sur les instruments qui peuvent présenter des phénomènes de corrosion CRITT 2003, Vincent 2004, Kramp 200... ou des pastilles Infodot® qui se décollent et/ou se fragmentent.
- une fiabilité du lien à l’instrument car les puces RFID sont soudées sur les instruments,
- une capacité de stockage de données importante qui permet de paramétrer un identifiant unique et non ambigu AFNOR 2006,
- une rapidité de lecture,
- une collecte des données à l’étape de conditionnement mais également aux étapes de fin d’intervention chirurgicale ou de nettoyage à la stérilisation dans des conditions défavorables (présence de résidus organiques ou liquides). Il n’est pas certain que les codes data matrix puissent être reconnus dans ces conditions défavorables.


Les inconvénients de cette technologie sont les suivants :
- une taille, forme et localisation du support RFID qui nécessitent une concertation avec les chirurgiens pour déterminer une localisation qui n’entraîne pas d’altération fonctionnelle des instruments ni de gêne pour le geste chirurgical Talon 2007. Le support RFID ne peut être inséré sur tous les instruments mais c’est aussi le cas pour les supports de type Data matrix, dont la taille, la courbure ou l’état de surface ne permet pas le gravage Kramp 2008.
- une durée d’immobilisation importante des instruments car ceux-ci sont obligatoirement traités par un prestataire incorporant les puces RFID,
- un coût élevé par rapport au gravage laser ou micropercussion des codes data matrix.

L’objectif de la traçabilité à l’instrument est de finaliser les étapes de traitement des DM à l’UFSC, notamment en ayant une recomposition conforme dans tous les cas, et la preuve que cette étape a été correctement réalisée. Depuis 8 mois, nous nous apercevons que dans 70% des cas les boîtes arrivent non conformes à l’étape de conditionnement, la cause étant dans plus de deux tiers des cas des instruments manquants.


Il nous est apparu nécessaire d’analyser cette non-conformité connue de longue date. Il a donc été décidé de mettre en place le suivi des instruments reçus à la stérilisation en effectuant une traçabilité rigoureuse des instruments disposant d’une puce RFID. Cette étude s’inscrit également dans une démarche d’amélioration des pratiques en stérilisation, qui consiste à identifier précisément ce qui arrive dans le circuit de production de la stérilisation, et sécuriser, fiabiliser le produit fini.

Après seulement un mois d’analyse, quelques pistes se distinguent.

Lorsque l’on compare le conditionnement précédemment réalisé et les instruments réceptionnés au lavage, il apparaît que tous les instruments d’une même boîte ne sont pas réceptionnés en même temps : soit les instruments ne sont pas retrouvés, soit ils arrivent en décalé par rapport à la majorité des instruments. Nous pouvons émettre comme hypothèse que les instruments ont pu être perdus lorsque la salle d’opération a été débarrassée (instruments jetés dans le champ opératoire) ou bien mis en prédésinfection dans un autre bac que celui contenant la boîte. Lorsque l’on compare le lavage et le conditionnement réalisés successivement, il y a également des non conformités liées au lavage différé de certains instruments qui arrivent avant ou après la majorité du contenu de la boîte. Ce décalage dans le lavage peut être imputable à la stérilisation qui dissocie les instruments d’une même boîte dans plusieurs paniers de lavage (exemple : les cupules inox) mais peut aussi venir du fait que les instruments nous parviennent du bloc opératoire dans un autre panier.
Il est nécessaire de poursuivre cette évaluation afin d’identifier les non conformités rencontrées et de mettre en place des actions de réduction de ces non conformités.

Un des objectifs de la traçabilité à l’instrument est de pouvoir confier la recomposition des boîtes à des agents de stérilisation, personnel moins qualifié que les Infirmières de Bloc Opératoire Diplômées d’Etat (IBODE). En effet la traçabilité à l’instrument est une aide à l’identification des instruments : en scannant la puce RFID, le libellé, la photo et la boîte d’appartenance apparaissent. Mais dans cette étude, 70% de non conformités ont été constatés ; cela montre la nécessité d’une formation du personnel et de la présence sur le terrain de personnel de référence ayant les compétences pour la prise de décision de valider le conditionnement de ces boîtes.

Actuellement, il semble qu’il y ait autant de non conformités de la part des blocs ou de la stérilisation avec des instruments « perdus » ou n’étant pas disponibles en temps et en heure au lavage et/ou au conditionnement.

Par contre la traçabilité mise en place permet bien de répondre à des exigences réglementaires, tels que :
- connaître les instruments utilisés pour un patient donné Circulaire 2001, éviter les mélanges d’instruments entre plusieurs compositions, identifier à quelle composition appartient un instrument donné,
- effectuer un retrait de lot Circulaire DH/EM1 1995, Décret 96-...,
- prouver que les étapes de lavage et conditionnement ont bien été réalisées à la stérilisation et localiser un instrument à n’importe quelle étape aux blocs ou à la stérilisation Arrêté 2001.


La Haute Autorité de Santé (HAS) a récemment mis en place une « check-list sécurité du patient au bloc opératoire » dans le cadre de la certification des établissements de santé : celle-ci exige notamment « une confirmation du compte final des instruments utilisés ». La mise en place de la traçabilité à l’instrument en sortie d’intervention permettrait de répondre à cette exigence HAS 2010.

CONCLUSION

Cette étude montre le déploiement de la traçabilité à l’instrument à la stérilisation aux étapes de réception/lavage et recomposition/conditionnement. La plupart des boîtes arrivent actuellement non conformes au conditionnement, ce qui semble lié à des erreurs dans les pratiques de prise en charge des instruments aux blocs et en stérilisation. La traçabilité à l’instrument représente un investissement important en temps (formation, paramétrage, utilisation en routine) et en coût, mais sécurise le circuit des dispositifs médicaux et leur utilisation lors des interventions chirurgicales.

Auteurs
D. Talon1, E. Rochais1, C. Content1, R. Capré1, J.-C. Bocquet2, A. Desroches3, Ph. Arnaud1.

1 Service Pharmacie, AP-HP, Hôpital Bichat, 46 rue H. Huchard, Paris 75018.
2 Laboratoire de Génie Industriel, 3 Pôle Santé et Biotechnologies, Ecole Centrale de Paris, Grande Voie des Vignes F-92 295 Châtenay-Malabry.

BIBLIOGRAPHIE

AFNOR 2006 AFNOR; Association Française de Normalisation; Paris (FRA). nf xp s 94-467 : 2006. Instruments chirurgicaux – définition des spécifications d’immatriculation a des fins de traçabilité. (indice de classement : s 94-467) (janvier 2006).
Anonyme 2007 Anonyme 2007. Etude sur les étiquettes électroniques et la traçabilité des objets – panorama stratégique. Etude conduite par alcom consulting et Newton-Vaureal consulting pour le ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, direction générale des entreprises. 31 octobre 2007, 90 pages. Consulté sur Internet le 20 janvier 2010, http://www.telecom.gouv.fr/fonds_documentaire/rapports/07/panorama_strategique.pdf
Arrêté 2001 Arrêté du 22 juin 2001 relatif aux bonnes pratiques de pharmacie hospitalière. Ligne directrice particulière n°1 : préparation des dispositifs médicaux stériles.
Besnard 2004 Besnard Y. La transmission des données par radio-fréquence sur les rangs de la traçabilité à l’instrument. Dossier Technologie : Nouvelle technologie vue aux 26èmes JNS du CEFH – Nantes. Stérilisation magazine n°36. Avril – Mai 2004 ; 11-13.
Circulaire 1995 Circulaire DH/EM1 n° 952498 du 10 mai 1995 relative à l'organisation de la matériovigilance.
Circulaire 2001 Circulaire DGS/5C/DHOS/E2/2001/138 du 14 mars 2001 relative aux précautions à observer lors des soins en vue de réduire les risques de transmission d’agents transmissibles non conventionnels.
CRITT 2003 Rapport d’étude du Centre Régional d’Innovation et de Transfert de Technologie (CRITT) n°B 03.07.30 N. Validation du marquage laser ayant pour but d’assurer la traçabilité des produits lors de la réparation d’instruments chirurgicaux afin de déterminer si cette nouvelle identification ne présente pas un risque de non respect des exigences du marquage C.E. (B.C. du 11.07.2003).
Décret 1996 Décret n°96-32 du 15 janvier 1996 relatif à la matériovigilance exercée sur les dispositifs médicaux (art R. 665-48 à R. 665-64 du Code de la Santé Publique, JO du 17 janvier 1996, p.803).
HAS 2010 HAS – Haute Autorité de Santé. Check-list sécurité du patient au bloc opératoire. Version 2010.
Kramp 2008 F. Kramp, F. Laugerette, V. Archer, A. Astier Identification Of Surgical Instruments By Means Of Data Matrix Codes. Zentral Sterilisation n°5; 2008.
Talon 2007 Damien Talon, Alain Ragon, Aude Coquard, Florence Vincent, Rose-Marie Laredo. Atelier N°2. Les différents systèmes de marquage des instruments. 29èmes Journées Nationales d'Etudes sur la Stérilisation CEFH 2007. 25 et 26 Avril 2007, Lyon.
Talon 2008 Talon D., Reberga A., Blatt A.-C., Hamami K., Saada L., Arnaud Ph.. Faisabilité et fiabilité de la traçabilité des instruments de chirurgie restérilisables à l’aide de puces RFID. Steriprocess International 2008; vol I, n°1 : 23-27.
Vincent 2004 Vincent F., Talon D., Ioos S., Tessier D. Traçabilité des instruments : solutions actuelles et futures. Revue de l’ADPHSO 2004 ; 29(3) : 19-23.

Figure 1 : non conformités constatées sur 115 conditionnements de mai à novembre 2009

vendredi, janvier 16 2009

Thèse "Evalutation et comparaison des logiciels de traçabilité utilisés en stérilisation"

Bonjour,

Suite à la proposition de Yves, j'ai le plaisir de vous proposer la lecture de ma Thèse pour le diplome d'Etat de Docteur en Pharmacie : "Evalutation et comparaison des logiciels de traçabilité utilisés en stérilisation".
Vous trouverez le lien vers la version intégrale de ce document en bas de ce billet.
A titre d'aperçu, en voici le plan :

Evaluation et comparaison des logiciels de traçabilité utilisés en stérilisation -2-
SOMMAIRE 1
TABLE DES ILLUSTRATIONS 5
ABREVIATIONS & GLOSSAIRE 9
INTRODUCTION 15
PARTIE I : GENERALITES - STERILISATION ET TRAÇABILITE 19
I. LA STERILISATION 20
1. QUELQUES DEFINITIONS 20
2. LE CADRE REGLEMENTAIRE 22
2.1. Le décret n°2000-1316 relatif aux Pharmacies à Usage Intérieur 22
2.2. Les Bonnes Pratiques de Pharmacie Hospitalière 22
3. L’ASSURANCE QUALITE EN STERILISATION 22
3.1. Le décret n°2002-587 du 23 avril 2002 relatif au système permettant
d'assurer la qualité de la stérilisation des dispositifs médicaux 22
3.2. L’arrêté du 3 Juin 2002 relatif à la stérilisation des dispositifs médicaux 23
3.3. La circulaire n°97-672 du 20 Octobre 1997 relative à la stérilisation des
dispositifs médicaux dans les établissements de santé 23
II. L’ENVIRONNEMENT EN STERILISATION 24
1. LA QUALITE DE L’AIR 24
2. LA QUALITE DE L’EAU 25
2.1. L’eau adoucie 26
2.2. L’eau osmosée 26
III. LA TRAÇABILITE 28
1. QUELQUES DEFINITIONS 28
2. LE CADRE REGLEMENTAIRE ET NORMATIF 29
2.1. La circulaire n°97-672 du 20 Octobre 1997 relative à la stérilisation des
dispositifs médicaux dans les établissements de santé 29
2.2. La matériovigilance 30
2.3. La lutte contre les infection nosocomiales 30
2.4. Le contexte normatif 31

Evaluation et comparaison des logiciels de traçabilité utilisés en stérilisation -3-
IV. L’INFORMATIQUE AU SERVICE DU SYSTEME QUALITE EN STERILISATION 32
1. LES ATOUTS D’UN SYSTEME INFORMATIQUE 32
2. POUR TRACER QUOI ? 34
2.1. La notion de « Produit » 34
2.2. Les informations recherchées et les outils utilisés 35
PARTIE II : APPORTS PERSONNELS – EVALUATIONS DES LOGICIELS 37
I. OBJECTIF ET ENJEUX 38
II. L’EVALUATION “THEORIQUE” AUPRES DES FOURNISSEURS 40
1. MATERIEL ET METHODES 40
1.1. Les logiciels disponibles sur le marché et critères d’inclusion dans l’étude 40
1.2. L’outil d’évaluation 41
1.2.1. Une grille d’évaluation 41
1.2.2. Une hiérarchisation des critères 42
1.3. Le déroulement des évaluations 44
2. RESULTATS 44
2.1. Les résultats qualitatifs 45
2.1.1. Les conditions d’évaluation 45
2.1.2. Les sites utilisateurs 46
2.2. Les résultats quantitatifs 47
2.2.1. Les notes générales 47
2.2.2. Les résultats de la partie I de la grille d’évaluation : mise en place et
le suivi de l’installation 52
2.2.3. Les résultats de la partie II de la grille d’évaluation : niveaux de
sécurité dans l’utilisation 54
2.2.4. Les résultats de la partie III de la grille d’évaluation : logiciels de
production 56
2.2.5. Les résultats de la partie IV de la grille d’évaluation : logiciels de
supervision 87
3. DISCUSSION 96
3.1. Les supports fournis pour l’évaluation 96
3.2. L’outil d’évaluation : avantages et limites 97
3.3. La synthèse des résultats obtenus 97
3.4. L’identification des instruments et compositions 98
III. L’ENQUETE “PRATIQUE” AUPRES DES UTILISATEURS 103
1. MATERIEL ET METHODES 103
1.1. Les sites référents 103
1.2. L’élaboration de la grille d’enquête 104
1.3. La quantification des résultats de l’enquête 105
1.3.1. Le taux d’utilisation 105
1.3.2. Le taux de satisfaction 105
1.4. Le déroulement des enquêtes 106

Evaluation et comparaison des logiciels de traçabilité utilisés en stérilisation -4-
2. RESULTATS 106
2.1. Les conditions d’enquête 106
2.2. Les taux d’utilisation 107
2.2.1. Un taux d’utilisation global 107
2.2.2. Taux d’utilisation pour la partie III de la grille d’enquête : logiciels de
production 108
2.2.3. Taux d’utilisation pour la partie IV de la grille d’enquête : logiciels de
supervision 116
2.3. Les taux de satisfaction 119
2.3.1. Un taux de satisfaction global 119
2.3.2. Taux de satisfaction pour la partie I de la grille d’enquête : suivi et
mise en place de l’installation 121
2.3.3. Taux de satisfaction pour la partie II de la grille d’enquête :
généralités d’utilisation 122
2.3.4. Taux de satisfaction pour la partie III de la grille d’enquête : logiciels
de production 124
2.3.5. Taux de satisfaction pour la partie IV de la grille d’enquête : logiciels
de supervision 128
3. DISCUSSION 130
3.1. La présence d’un délégué commercial 130
3.2. Les choix de certains sites 130
3.3. Une satisfaction générale 131
3.4. Une relation entre taux d’utilisation et taux de satisfaction 132
IV. DISCUSSION GENERALE 134
1. LA COMPARAISON DES DEUX EVALUATIONS 134
1.1. Les notes générales mises en relation avec les taux de satisfaction 134
1.1.1. Les logiciels de production 134
1.1.2. Les logiciels de supervision 135
1.2. Le délai de réponse des sociétés en relation avec le taux de satisfaction 136
2. LES PARTICULARITES DES LOGICIELS DE SUPERVISION 137
3. L’ORIGINALITE ET LES FAIBLESSES DE CETTE ETUDE 140
3.1. Les faiblesses 140
3.2. Les points forts 141
CONCLUSION 142
BIBLIOGRAPHIE 144
ANNEXES 149


Thèse "Evalutation et comparaison des logiciels de traçabilité utilisés en stérilisation"


Claudie Boissinot.

samedi, décembre 6 2008

Traçabilité des instruments chirurgicaux par marquage de codes Data-Matrix : TraçaMatrix

Rappelons que le code DataMatrix est une symbologie code-barres bidimensionnelle à haute densité, permettant de représenter une quantité importante d'informations sur une surface réduite, jusqu'à 2 335 caractères alphanumériques ou 3 116 caractères numériques, sur environ 1 cm². Le code DataMatrix est dans le domaine public, ce qui signifie qu'il peut être utilisé dans toute application sans être redevable de redevances. Il répond à la norme ISO IEC16022. Le Datamatrix se présente sous la forme d’une matrice constituée de points ou de carrés juxtaposés. Il est capable d'encoder jusqu'à 2300 caractères en un seul symbole

Selon ces mêmes normes, le Datamatrix peut contenir des niveaux de sécurité (ECC pour Error Check Correction) différents qui lui permettent d’être lu même en étant partiellement dégradé ou occulté. Plus le niveau de sécurité est important plus le symbole augmente en taille. Il existe plusieurs variantes du Datamatrix admise par la norme : du ECC000 qui n’offre aucune sécurité si le symbole est dégradé, à l’instar des codes à barres 1D (EAN 13…) au ECC200 qui offre le niveau de sécurité maximal (lecture possible d’un symbole occulté jusqu’à environ 20%)

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mardi, novembre 4 2008

Advance Ste, le logiciel de traçabilité en stérilisation de Sud info services

La stérilisation centrale du centre hospitalier de Poissy / Saint-germain-en-Laye a fait le choix de s'équiper du tout nouveau logiciel de traçabilité en stérilisation, Advance Ste, édité par la société Sud info services. Nous sommes donc site pilote. Nous reviendrons sur ces pages un peu plus longuement sur l'année de préparation avant l'informatisation du service, sur notre participation à l'élaboration de ce logiciel construit en partie "sur mesure" par rapport aux demandes et remarques du groupe de travail constitué d'agents du service de stérilisation, sous la responsabilité de Mme De Bandt, pharmacien responsable de production du service, et sur les spécificités de ce logiciel de stérilisation.

Ce mode de fonctionnement en groupe de travail est d'ailleurs une de nos spécificités organisationnelles qui nous a permis à plusieurs reprises d'élaborer des projets, d'affronter des mutations difficiles ou d'accompagner des évolutions importantes. Ce mode de fonctionnement nous permet d'enrichir la réflexion par l'apport des membres de l'équipe, de mieux préparer les dossiers en incluant différents niveaux de préoccupation et en prenant en compte les répercussions concrètes sur le travail des agents, de limiter le stress lié au changement par une excellente anticipation des modifications induites et d'avoir une bonne adhésion de l'équipe aux projets une fois ceux-ci mis en oeuvre, dans la mesure ou elle a été associée de A à Z à leur conception.

Au sujet d'Advance, notons cependant dès à présent quelques atouts de ce logiciel, notamment, pour l'utilisateur, une gestion des articles au fil des étapes de la stérilisation sur écran tactile et, pour l'administrateur, de puissantes fonctions statistiques et de gestion de base de donnée.
Il est encore un peu tôt pour faire le bilan global de cette informatisation, débutée au printemps 2008 mais nous ne manquerons pas de nous exprimer plus en détail sur ce produit.

Le service de stérilisation centrale du CHU de Rouen et la traçabilité

Communiqué du jeudi 30 mars 2006


Le service de stérilisation centrale récompensé par le Prix CEFH
Pour la première fois en France, l'équipe du service de stérilisation centrale du CHU de Rouen utilise un système de traçabilité à l'instrument. Un code barre miniature apposé sur chaque instrument permet de suivre tout le cheminement de l'instrument et de le tracer conformément à la circulaire relative au risque Creutzfeldt-Jakob

Cette technique, mise en place par le Dr Bernard Dieu, Chef du département Pharmacie du CHU de Rouen et le Dr Aude Coquard, pharmacien responsable de la stérilisation, a reçu le Prix 2005 du Centre d'études et de formation hospitalières (CEFH) dans la catégorie "Hygiène – stérilisation. Un prix d'une valeur de 3.000 euros. La remise du prix se fera le Mardi 31 Janvier 2006 à 11h30 Amphithéâtre Lecat en présence de Christian PAIRE, Directeur Général du CHU-Hôpitaux de Rouen du Professeur Eric BERCOFF, Président de la CME du CHU-Hôpitaux de Rouen et de Bernard CHARLES, Président-fondateur du CEFH

La révolution de la traçabilité à l'instrument

La traçabilité de l'instrumentation des blocs opératoires consiste en un marquage par un système miniaturisé de code barre apposé sur l'instrumentation. Ce marquage permet, à travers son informatisation, de suivre tout le cheminement de l'instrument (pré-désinfection, lavage, stérilisation, utilisation) et de le tracer conformément à la circulaire relative au risque Creutzfeldt-Jakob.

Au CHU de Rouen, un instrument ayant été utilisé sur un patient identifié postérieurement à risque, peut être retrouvé, ainsi que les patients ayant été en contact par la suite avec ce même instrument. L'engagement d'une démarche de certification sera la prochaine étape et permettra à la stérilisation de sous-traiter pour d'autres établissements demandeurs.

La stérilisation en quelques chiffres...
38 agents
ouvert 7j/7 de 7h à 19h
10 000 pièces codifiées
560 de boites, 1200 sachets et 250 plateaux reçus chaque jour
5000m3 de stérilisés par an
9300 cycles d'autoclaves par an
6 autoclaves
9 laveurs-désinfecteurs
1 appareil à ultra-sons
114324 boîtes d'instruments de stérilisées par an (+8.5% 2004/2003)
165754 champs de stérilisés par an
3 cas de suspicion de MCJ de traités en 2004
Pour plus de renseignements :
Rémi HEYM Délégué à la communication - CHU – Hôpitaux de Rouen 02 32 88 85 20 remi.heym@chu-rouen.fr