Mes premiers souvenirs de stérilisation datent de ma formation d'infirmier. Je me souviens particulièrement d'un stage dans un service de médecine en 1983 où un Poupinel se trouvait dans la salle de soins et de l'usage qui en était fait. Entendons-nous bien, il ne s'agit pas ici de jeter la pierre à qui que ce soit, ce dont je parle ne m'avait pas particulièrement choqué à l'époque et il est toujours facile après coup de donner des leçons. Le but est plutôt de montrer l'évolution des pratiques.

Ce petit Poupinel servait à la stérilisation du matériel de soin, personne n'en était particulièrement responsable, chaque infirmière qui avait fini son soin après avoir lavé ses instruments y déposait son matériel à stériliser. Il arrivait que le cycle soit déjà en cours et que l'on ouvre la porte pour y rajouter du matériel. Je ne me souviens pas qu'il y ait eu une procédure affichée ni avoir eu une information particulière sur le mode de fonctionnement et les contraintes de ce type de stérilisation. Il fallait que ses instruments "passent au Poupinel" avant de les réutiliser, point. Je me souviens également que cet appareil -ce stérilisateur à chaleur sèche est en fait un petit four ventilé ou non- servait également à tiédir les viennoiseries de la pause du matin.

A la lumière des connaissances actuelles et de l'évolution des choses, ces pratiques peuvent paraître choquantes. Elles sont je pense en partie à l'origine de la création des stérilisations centrales dont l'idée reposait sur le fait de confier à des équipes spécialisées et formées la stérilisation du matériel dans des locaux adaptés avec des machines performantes et fiables selon des procédures validées et standardisées.