Un infirmier s'exprime, souvent avec humour et en décalé. La réalité est néanmoins bel et bien là :
Réaction au témoignage infirmier sur leparisien.fr :

Dans un article du 31.03.2010, le quotidien Le Parisien parle des difficultés que rencontrent les Infirmiers pour exercer leur profession. Article renforcé par le témoignage de 3 infirmiers qui n’hésitent pas à balancer ce qui n’est au fond, que la réalité.

«J'ai parfois l'impression qu'on veut nous réduire à la fonction de pousse-seringue… » Vincent Lanza, 45 ans, ne cache pas son amertume. Infirmier depuis vingt ans, il manifestait hier, avec Sophie et Séverine, ses deux collègues de l'hôpital Tenon (Paris XX e ), pour défendre les retraites de la profession. « Aujourd'hui, déplore-t-il, on ne sait pas faire aussi bien qu'il y a vingt ans, alors que les moyens techniques ont progressé. » Même constat de la part de Sophie, 38 ans, dont dix-huit en tant qu'infirmière spécialisée en gériatrie : « Au fil des ans, on nous a fait perdre la logique du travailler ensemble, de la solidarité. » La faute, selon ces professionnels, aux réorganisations mises en oeuvre à l'hôpital. « Notre pôle (NDLR : entité créée par la loi Bachelot de 2005) englobe la médecine interne, la neurologie, la psychiatrie, la gériatrie et les urgences. Cela fait plus d'une centaine de patients », souligne Sophie. « Je change souvent de service et, à chaque fois, de façon de travailler », soupire Séverine, 25 ans. Conséquence : « Cela a un impact sur la qualité des soins : les pathologies ne sont pas les mêmes, les médecins sont différents, on ne connaît pas les patients. C'est très stressant », souligne Sophie. « On perd le sens de notre métier », se désole Vincent. Quant à la réforme en cours de l'Assistance publique, elle se traduira par le regroupement de leur hôpital, Tenon, avec trois autres hôpitaux parisiens (Saint-Antoine, Trousseau, Rothschild). « Le risque, c'est que l'on se retrouve à être envoyé dans ces différents établissements », s'inquiète Séverine. Autre point noir : les 35 heures. Les hôpitaux n'ont pas assez embauché pour contrebalancer les effets de la réduction du temps de travail. « On n'arrive pas à prendre nos jours de repos, ni nos vacances, on est en permanence à flux tendu. Certaines journées, on peut se retrouver à être un infirmier à gérer 14 malades, alors que la règle veut qu'il y en ait 1 pour 2 », explique Vincent. « Et puis, renchérit Séverine, l'administration essaie de faire des économies sur tout. Le matériel médical, comme les masques ou les garrots sont de mauvaise qualité. Mais au final, c'est idiot : on est obligé d'en utiliser deux au lieu d'un seul »… Ces trois blouses blanches restent malgré tout passionnées par leur métier. Mais « la pénurie de main-d'oeuvre est logique. Rien n'est fait pour attirer du monde », explique Vincent qui, au bout de vingt ans de carrière, touche 2 200 € net.