"Les agents hospitaliers refusent le plan d’austérité

Près de 200 agents du centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain- en-Laye ont manifesté, hier matin, contre la menace de suppression des 35 heures. Laurent Mansart | Publié le 29.10.2012, 04h26

POISSY, HIER. Les agents hospitaliers du CHI Poissy-Saint-Germain-en-Laye sont venus faire entendre leur voix dans le centre-ville une bonne partie de la matinée et ont reçu le soutien de la population et de la mairie. | (LP/L.MT.) 5 réactionsRéagir « Ré-sis-tance! » Le slogan est simple et veut tout dire. Les agents du centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain-en-Laye sont entrés clairement dans l’affrontement contre le plan d’économies prévu par la direction. Celle-ci entend combler le déficit financier de l’établissement, lequel s’élève à 4,9 M€.

Un plan qui prévoit, entre autres, l’éventuelle suppression des 35 heures pour le personnel technique, soit 650 employés sur près de 3000 au total.

Environ deux cents d’entre eux sont donc descendus hier matin dans le cœur de Poissy, s’installant devant la mairie, avant de défiler dans les allées du marché afin de faire entendre leurs revendications à la population locale. Dans une ambiance bon enfant, les hospitaliers sont venus chercher réconfort et soutien dans leur lutte. « Ils ont l’air remontés et je les comprends, assure un passant. »

Les syndicats dénoncent un plan social déguisé

« La partie du plan qui touche le personnel est inacceptable, martèle Marc Duprat, secrétaire de la CGT au sein du Chips. Les gens sont déjà limites au niveau des salaires. Avec quinze jours de repos en moins, ils devront payer pour faire garder les enfants. » L’intersyndicale, où figurent également SUD-Santé et la CFDT, souligne des conditions de travail « qui se dégradent » ainsi qu’un plan social « déguisé ».

« Le personnel souffre, les patients souffrent aussi », poursuit Fabienne Lauret, membre du collectif de défense de l’hôpital public. Une délégation a été reçue par le maire (PS) de Poissy, Frédérik Bernard, désireux de peser « dans une reprise des négociations » et qui a alerté la ministre de la Santé, Marisol Touraine, ainsi que le président de l’agence régionale de la santé, Claude Evin.

En attendant des réponses, le personnel soignant, qui n’entre pas en ligne de compte dans la suppression des 35 heures, s’inquiète également des répercussions. « L’hôpital est une grosse machine, le moindre problème technique peut déjà durer plusieurs jours, soupire Sarah, infirmière en psychiatrie. Si on laisse faire, ensuite, ce sera peut-être notre tour. »

Le directeur, Yves Bloch, assurait dans nos colonnes qu’il est « impératif d’être à l’équilibre fin 2013 ».

Le Parisien"