"Le tribunal correctionnel de Charleroi s'est penché ce vendredi sur cet accident survenu en mars 2006 à l'entreprise Stérigénics, basée à Fleurus. Un technicien avait alors été irradié par des rayons gamma. Six ans plus tard, l’homme garde des séquelles. Les patrons de Stérigénics doivent rendre des comptes devant la justice carolo. Le 11 mars 2006, la vie de Richard Sommavilla change en une fraction de seconde. Cet employé de Stérigénics (société spécialisée dans l’ionisation et la stérilisation) est en pleine intervention lorsqu’une manipulation – pourtant habituelle – tourne mal. Son corps est alors exposé à une dose 200 fois supérieure à ce qu'il peut supporter d'ordinaire.

Victime de malaises, il aura fallu tout de même près de deux semaines pour que l’on se rende compte de la gravité de l’incident. Richard Sommavilla est alors envoyé à l’hôpital militaire de Percy, près de Paris. Les soins médicaux lourds s’accumulent. D’abord, il passe plus de vingt jours en chambre stérile, puis vient le temps des visites de contrôle, fréquentes. Aujourd’hui, le corps de Richard Sommavilla est fatigué et a perdu une grande partie de son système immunitaire.

Six ans après l'accident, cet opérateur technique a pourtant repris le travail, au sein de la même entreprise. Ses employeurs sont poursuivis pour plusieurs infractions à la sécurité des travailleurs.

1ère audience

La première audience du procès s'est tenue ce vendredi matin à Charleroi. L'auditeur du travail a donc cité les sociétés Sterigenics et AIB Vinçotte Nucléaire (AVN) pour coups involontaires et diverses infractions au règlement général de la protection des travailleurs. La partie civile a complété cette citation en amenant les 2 anciens directeurs de Sterigenics et 2 responsables d'AVN à la barre.

Conseil de Richard Sommavilla, Me Vanhoestenberghe a déclaré qu'un laisser-aller étalé sur des années avait amené ces manquements en matière de sécurité. Selon ses dires, "aucun préposé n'était désigné, des indicateurs fonctionnaient de façon erratique et le porte-source se levait accidentellement". L'avocat estime que la faute incombe entièrement à l'entreprise, qui faisait preuve d'une absence totale de culture de sécurité, et à AVN, qui n'a jamais effectué les contrôles nécessaires. Il réclame donc des dommages provisionnels de 12 500 euros. L'auditeur du travail a demandé la condamnation de Sterigenics et d'AVN à des amendes. La défense plaidera le 17 février."

source : http://www.rtbf.be/info/regions/detail_l-employe-irradie-de-sterigenics-coup-d-envoi-du-proces?id=7422493 Mathieu Van Winckel, Xavier Van Oppens, Belga, Daniel Barbieux